Adam Shafi et littérature swahilie

Le prochain numéro de la revue PROJECT-ILES (numéro 4), actuellement sous presse, et qui paraît au mois de juillet 2014, consacre un long entretien exclusif avec le porte étendard de la littérature swahilie Adam Shafi Adam. Il revient entre autres sur son écriture, son passé d’activiste politique, sur la traduction de ses oeuvres en langue étrangère, et notamment sur la question du droit d’auteur.UnePRojectiles42014

Adam Shafi Adam, partage les colonnes de la revue avec Abdulrazak Gurnah, proposant ainsi une littérature de l’intérieur et une littérature de l’extérieur (de la diaspora), deux figures importants des lettres zanzibaries qui ont un regard lucide et parfois tendre mais sans concession sur leur archipel, leur pays.




Plus de 70 pages de textes d’analyses, d’entretiens, de notes de lectures, de photos, d’illustrations sur cette littérature puissante mais qui reste méconnu de l’océan indien.

Un dossier préparé par des passionnés du monde swahili.

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L’irrésistible nécessité de mordre dans une mangue

L’irrésistible nécessité de mordre dans une mangue, un ensemble de onze nouvelles de notre collaborateur Nassuf Djailani, vient de paraître aux éditions Komedit. Vous retrouverez une note de lecture dans le prochain numéro de la revue PROJECT-ILES à paraître en Juillet 2014.

« On va surtout insister sur le thème de  l’exil qui domine et qui sert ainsi de fil conducteur à ces fragments de vie. L’exil ici est présenté par l’auteur comme une « envie irrépressible de foutre le camp et de ne plus donner signe de vie », donc de quitter l’île natale parce qu’elle ne propose plus aucune perspective à ses habitants : « partir. Car le départ est devenu une assurance vie. Une fin en soi. Parce qu’il y a comme quelque chose qui déborde. Comme une colère contenue. Ou peut-être une lassitude, je ne sais pas trop. Un manque peut-être. Le fatalisme finit par rendre les gens amers. Convaincus que rien de positif, rien, même pas une herbe quelconque ne veut repousser sur cette terre aride. Il y a comme un excès de désespérance qui déboule de toute part, avant d’envahir les cœurs. » (p.58).

 

 

L'irrésistible nécessité de mordredansunemangue

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=42722

Catégorie : Nouvelles
Paru le : 20/02/2014
Pages : 92
ISBN : 978-2-914564-98-4

Interview exclusive du romancier Abdulrazak Gurnah

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Dans le numéro 4 de la revue PROJECT-ILES qui est actuellement  sous presse, nous proposons une rencontre avec le romancier zanzibari Abdulrazak Gurnah :

Né à Zanzibar en 1948, Abdulrazak Gurnah, romancier, essayiste et professeur de littérature publie l’ensemble de son oeuvre depuis Brighton où il vit depuis son exil de son pays en 1968, pour fuir la révolution de 1964. Il enseigne la littérature à l’université de Kent.

Son écriture, et son oeuvre littéraire ont été saluées par des Prix prestigieux comme le Booker Prize.

En France son roman Près de la mer (Galaade, 2006), a été couronné en 2007 du prix RFI Témoin du monde et sélection pour le prix Baudelaire. Pour sa dixième édition ce prix destiné à récompenser un livre témoignage ou une œuvre de fiction qui apporte un éclairage nouveau sur un grand sujet d’actualité ou de culture, a été décerné à Abdulrazak Gurnah. Près de la mer, un ouvrage qui a conquis dès le premier tour et à l’unanimité le jury.

Abdulrazak Gurnah :

« Mon exil est synonyme d’une immense tristesse liée à la perte du pays de mon enfance »

[…]

Abdulrazak Gurnah : Je conçois l’exil comme une question de principe si c’est un départ volontaire. Comme s’extraire de soi pour changer les choses. Je suis parti de mon pays parce que je cherchais à m’accomplir de je ne sais plus trop quelle manière. Ensuite, c’est la vie qui a pris le dessus.

Vous pouvez retrouver l’intégralité de l’interview dans le numéro 4 de la revue PROJECT-ILES paru en Juillet 2014 (un numéro épuisé, en cours de réédition).

Propos recueillis et traduit de l’Anglais par Nassuf Djailani

Poèmes, une sorte d’anthologie de Sambaouma A. Nassar

Après Poèmes parlés en marge du jour (2005), Illusions perdues (2009), et Nouveaux poèmes jusqu’en terre palestiniennes (2011) Sambaouma A. Nassar travaille et retravaille sans relâche son style. C’est d’ailleurs, ce que l’on ressent à la lecture de son dernier recueil qui est une sorte d’anthologie de ses publications antérieures ajoutées d’autres textes. On ressent quoi ? On ressent un tâtonnement, une recherche d’un style, d’un langage pour dire le mal être comorien. On y croise parfois Victor Hugo, Arthur Rimbaud, Rilke, Borgès, William Souny, Le poète est né à Singani en Grande Comore et dirige actuellement un mensuel régional appelé Tribune de Hambou, qu’il était encore en train de distribuer la dernière que nous l’avions rencontré lors des Escales culturelles des îles de la lune fin 2013.

« Ainsi par certains jours, j’ai voué une haine incommensurable à Dieu lui-même, l’accablant d’injures jusqu’à en perdre ma voix rauque » in Bateau ivre, adresse à Willam Souny

 

Et la graine reparaît aux éditions Komedit

Et la graine, roman devenu presque un classique dans la littérature comorienne était jusque-là épuisé. C’est désormais de l’histoire ancienne. Les éditions Komedit, première maison d’édition comorienne vient de réparer ce manque. Et la graine, de Aboubacar Saïd Salim raconte les prémisses de l’indépendance comorienne, avec comme toile de fond la grève des étudiants de 1968. Dans sa préface à ce roman, Mohamed Toihiri écrit :

« C’est dans ce texte, dans sa langue, dans son ton, dans sa façon qu’il a d’articuler cet éloge de son pays, de cette époque, dans cet amour de cette grève que se trouve le talent de l’auteur, mais aussi son impertinence génératrice de liberté. »

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Mutsa mon amour, recueil de poésie de Aboubacar Saïd Salim

Aboubacar Saïd Salim était connu jusque-là comme romancier et Professeur de littérature, critique littéraire, il vient d’ajouter un troisième ou un quatrième genre à sa palette de création. Il faudra dire désormais romancier, critique et poète comorien. Ce sont cinquante quatre poèmes écrits entre 1980 et aujourd’hui qu’il rassemble dans ce recueil paru dans la jeune et excellente maison d’édition comorienne Coelacanthe. A la lecture de ce recueil on ressent une sorte d’amour-haine qu’éprouve le poète envers cet archipel qui l’a vu naître un matin de 1954 à Moroni. C’est que Aboubacar Saïd Salim est un poète qui affronte le difficile quotidien des comoriens, et partout où son expression se fait corps, il ne se prive pas de le faire entendre, de l’écrire, car les écrits restent quand les commentaires s’envolent. Aboubacar Saïd Salim est un passionné de la transmission. Il ne tolère pas le sort fait à ce pays qui boîte, alors pour l’avoir trop dit, les régimes successifs l’ont jeté en cellule plus d’une fois. Et c’est souvent pendant ces périodes de captivité que sa plume est la plus féconde. Ce sont toutes ces expériences, ces uppercuts que lui ont asséné la vie qu’il tente de partager dans Mutsa mon amour. Alors pourquoi Mutsa ? Mutsa c’est le diminutif de la ville de Mutsamudu, capitale de l’île autonome d’Anjouan, l’une d’une quatre îles de l’archipel des Comores. Et Mutsa aussi pour évoquer son amour-haine pour cette ville d’où a émergé l’une des formes les plus tragique du séparatisme comorien.

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PROJECT-ILES et Littérature comorienne

Premier numéro de la revue PROJECT-ILES consacrée à la littérature comorienne, dont l’auteur invité est Mohamed TOIHIRI, romancier, homme de théâtre, Professeur de littératures, critique littéraire, et désormais diplomate comorien.

Mohamed Toihiri est présenté comme étant le premier romancier comorien a avoir publié un roman francophone aux Comores en 1985. Intitulé La République des imberbes (paru aux éditions L’Harmattan à Paris), ce roman est une satire sur le régime révolutionnaire du camarade Président Mongozi Ali Soilihi Mtsashiwa. Une oeuvre de fiction qui montre comment une révolution pourtant pleine de bonnes intentions va très vite devenir impopulaire, à cause de l’impréparation du peuple comorien (d’où les imberbes du titre), trop encline à faire perdurer le conservatisme. Un roman dans lequel on rit jaune de ce que les historiens pourront appeler le drame comorien. Toihiri publie aussi du théâtre, on peut citer par exemple La nationalité, une pièce hilarante sur la migration comorienne à Marseille (ce que la diaspora a baptisé comme étant la deuxième capitale des Comores après Moroni).

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