Visite à la littérature Mozambicaine : MIA COUTO

Le prochain numéro de la revue PROJECT-ILES est consacré à la littérature mozambicaine avec une rencontre avec l’un de se écrivains majeurs : MIA COUTO. Son dernier ouvrage paru en  France : La confession de la lionne, aux éditions Métaillié

La Confession de la lionne

Retrouvez bientôt votre revue avec un long entretien avec l’écrivain :

Mia Couto est né au Mozambique en 1955.
Après avoir étudié la médecine et la biologie à Maputo, il devient, en 1974, journaliste d’abord au quotidien Noticias de Maputo, puis à l’hebdomadaire Tempo. Actuellement il vit à Maputo où il est biologiste, spécialiste des zones côtières, et il enseigne l’écologie à l’université.
Pour Henning Mankell, « il est aujourd’hui l’un des auteurs les plus intéressants et les plus importants d’Afrique ».
Ces romans sont traduits dans plus de 22 pays.

Prix International Union des Littératures Romanes, 2007
Prix Mário António, 2001
Prix Vergílio Ferreira, 1999

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La littérature comorienne endeuillée

Salim Hatubou à la 8ème édition du salon du livre de Chaumont. copyright photo : Zenou-Rakiat Hatubou
Salim Hatubou à la 8ème édition du salon du livre de Chaumont. copyright photo : Zenou-Rakiat Hatubou

L’écrivain, conteur, poète et éditeur comorien, Salim Hatubou vient de quitter brutalement la scène (ce 31 mars 2015), alors que son dernier roman Mohéli ou le destin conté de Djumbé Fatima vient de paraître aux éditions Cœlacanthe. Sincères condoléances à sa famille et ses proches.

Le prochain numéro de la revue, reviendra largement sur sa carrière d’écrivain ainsi que sur l’ensemble de son oeuvre, avec des textes inédits de ses amis, ou encore de ses critiques.

Ce texte que nous proposons en partage en sa mémoire :

Hala halélé… Salim

Ta mort, si soudaine, devrait imposer le silence.

Le silence respectueux de la douleur de ta famille, de tes proches, de tes enfants, de ta femme. Respect et sincères condoléances à ton père rencontré à Hahaya sous sa varangue ombragée de lianes et à son épouse si gentille.

Mais nous ne pouvons nous taire cher Salim, face au vide que tu laisses autour de toi.

Tu nous manques tellement.

La nouvelle a coupé la journée en deux quand un appel insistant d’un ami de Mayotte m’est parvenu. Et puis ces mots qui disaient l’impossible.

A peine un mois après le départ si tragique d’un autre ami que nous aimions tant, David Jaomanoro, voilà que tu rejoins ta petite maman chérie quelque part sur les bords de l’océan indien.

Salim, il est impossible de faire silence quand on sait que tu as toujours voulu parler. Tu as toujours été l’artisan de la parole. Hala Halélé.

Tu ponctuais toujours tes contes par Hala halélé pour nous prendre par la main pour nous faire entrer dans ton univers. Tu nous parlais de Mna Madi l’idiot, et tu nous mettais en garde contre le silence, le silence qui tue, le silence qui nous tue.

Tu repoussais la mort en refusant le silence. Hala halélé.

Nos eaux ne sont plus poissonneuses, parce que la mort y rode, la mort y est tapie, elle s’envase, elle encage, elle a la mâchoire ferme, elle dévore les fils de la lune, embarqués sur les esquifs de la mort. Hala Halélé.

Tu n’as eu de cesse de sillonner nos espaces, l’archipel que la géologie a éclaté. Tu nous as toujours conté que Hala halélé. Il y a fort longtemps, nous fûmes un peuple. Hala halélé.

Dans les premières escales littéraires des îles de la lune, hala halélé, tu nous as tendu la main, et tu nous as dit que Hala halélé. A Mamoudzou, à Moroni ou encore dans les coins les plus reculés de Badjini, tu nous as appris à réapprendre la relation, tu nous a amené  à la rencontre des Comores profondes, à la rencontre des gens que l’on ne rencontre jamais. La caravane a continué sur Anjouan et Mohéli, parce que Hala halélé, la parole de fraternité doit résonner encore et toujours. Hala halélé.

Je fais le serment ici, que ton combat pour ce dialogue permanent qui rythme nos nuits d’insomnie n’aura pas été vain.

Nassuf Djailani